Matta,Eramen, collection de La Petite Escalère. Photo (c) Corinne Crabos.

La collection

« Aujourd’hui le jardin abrite une cinquantaine d’œuvres. Allant de Zao Wou-ki à Calder et de Mark di Suvero à Chillida, pour n’en citer que quatre… Il ne ressemble à aucun autre jardin de sculptures. Il ne s’impose pas uniquement par sa collection. Parmi les artistes beaucoup ne sont pas « de renom ». Les sculptures ne sont pas en évidence, elles n’ont pas la priorité. Elles ne sont pas là pour être immédiatement reconnues, comptées, répertoriées. Ni pour être seulement une liste de noms impressionnants. »

La priorité du jardin est de ponctuer la nature de belles œuvres, sans qu’elles ne la dominent. Sans que celles-ci ne soient le point exclusif de notre attention. Permettre aux rosiers de nous époustoufler autant qu’un mobile-stabile de Calder ou qu’un Bourgeois de Calais de Rodin. Laisser au feuillage tendre d’un petit chêne la possibilité de se mêler à la ramure tournante d’un arbre en bronze de Matta. Voir se déplier au milieu de grandes herbes de la prairie une structure en corten d’Oteiza qui découpe le ciel de ses pleins et de ses vides.

Ces œuvres, il faut les découvrir. Aller à leur rencontre, les chercher, tomber sur elles par hasard, au détour d’un petit pont de bambou ou d’un chemin de traverses. Être surpris de les croiser là où on
ne les attend pas. »*

 

*Tiré de « Jardin secret », un texte de Dominique Haim publié dans le Carnet nº1 de La Petite Escalère en 2011.