Pascal Convert, Souche de Verdun IV, 2011, fonte de cristal à original perdu, 60 x 90 x 90 cm.

Pascal Convert à La Petite Escalère

Installations / Expositions - Juin - Novembre 2015

LPE a le plaisir de présenter deux œuvres de l’artiste français Pascal Convert : deux souches, l’une en bois enduit d’encre de chine, l’autre vitrifiée, venues des champs de bataille de Verdun.
Ces sculptures seront exposées de juin à novembre 2015 dans le jardin et s’inscrivent dans une série de rendez-vous annuels autour de la sculpture moderne et contemporaine à La Petite Escalère.

Né en 1957, Pascal Convert est plasticien, auteur de films documentaires et écrivain. La question de la mémoire et de l’oubli est au coeur de son oeuvre. Il interroge l’intime, la politique et l’esthétique, en utilisant des matériaux comme le verre et la cire qui évoquent le temps, la lumière, et la rémanence du passé.

“La souche est un objet de profondeur, mais aussi d’extension : elle procède encore de la racine, elle procède déjà de la ramure. Elle resserre toute une énergie dans sa masse, mais elle la déploie aussi dans ses arborescences, dans ses tentacules, dans ses piquants d’oursin. Elle évoque aussi bien la vie en mouvememnt, avec ses écheveaux de pertubations dynamiques, que la vie en arrêt, avec son aspect fossilisé, déjà minéral. Ses configurations graphiques en font un objet ciselé, ornemental, excessivement précis et précieux ; mais sa masse brutale, aride, déchirée, fait d’elle quelque chose qui évoquera aisément un grand débris, le reste d’une catastrophe diluvienne. La souche est aussi nécessaire, comme organisme de croissance, qu’elle est contingente comme résidu foudroyé. Aussi cohérente dans le sol où elle pousse qu’erratique et absurde sur le sol où tu la déposes. La souche est un volume de temps organique, puisqu’elle concentre toute la gestation, toute la croissance de l’arbre qu’elle supporte. Mais elle est aussi un filet spatial, l’assise sculpurale et le système graphique de la prise de lieu que l’arbre finit toujours par mener à bien. “
Georges Didi-Huberman, La demeure, la souche, apparentements de l’artiste, 1999, Les Éditions de Minuit. (pp. 151-153)